À propos de l'artiste - About the artist

« Les personnes ayant eu le plaisir de voir une des expositions de Marc peuvent vous dire combien il est rafraîchissant d’entrer dans une pièce et d’y sentir votre esprit qui s’élève parce que vous êtes entourés d’une mer des couleurs vibrantes, des formes, de mouvements et de textures qui ne sont précisément que « juste beau ». Commentaire de Michèle Andrée de http://www.michele-andree-unblugged.com

(The English version follows below)

Né à Montréal d’origine acadienne, après quelques décennie dans le monde de l’éducation, Marc décide de se consacrer à une passion toujours grandissante : « Depuis longtemps amoureux des arts visuels, c'est en 2004 que je décide de céder à ma passion pour la peinture. Autodidacte depuis ce temps, je me nourris de lectures, de rencontres et d'exploration des possibilités offertes par la matière et la couleur. Je m'inspire du monde intérieur tout comme du monde extérieur. Il faut être à l'affût et disponible. »

«De la culture : Voilà une question particulièrement difficile puisque l’art est défini différemment selon l’époque, la culture et le lieu. Alors je ne puis qu’offrir mon point de vue personnel sur le sujet et plus particulièrement en regard des arts visuels. Quelques fois, je crois que l’art est une quête constante visant à saisir et à exprimer l’essence intangible du rêve, de l’esprit et de l’âme humains. En tant que quête constante, l’art soulève plus de questions qu’elle n’offre de réponses, est plus un cheminement qu’une destination. L’art offre un aperçu de ce qui pourrait être, une fenêtre sur ce que la civilisation pourrait offrir si nous pouvions seulement surmonter nos peurs, nos démons, notre instinct pour la violence et miser plutôt sur notre capacité d’amour et de créativité. Même le recherche de la beauté dans l’art peut s’avérer provocante lorsque situé dans un contexte de guerre, de violence, d’injustice, de conflit et de destruction environnementale. À d’autres moments, je doute de l’importance de la peinture parce qu’il y existe un côté narcissique au fait de passer autant de temps et d’énergie centré sur soi et sur la toile, choisissant délibérément d’ignorer, pour un temps du moins, des questions et des priorités autrement plus importantes pour le monde auquel nous appartenons. Malgré tout, je crois que la recherche de beauté visuelle peut nourrir le rêve et nous détourner du désespoir. Bien sûr, sans prendre notre art trop au sérieux.

De l’inspiration : L’inspiration est un phénomène fort étrange, souvent absente lorsque nécessaire, souvent comme une révélation lorsque l’on s’y attend le moins. Principalement, mon inspiration nait de toutes les traces que la vie a laissé derrière à travers le temps, traces profondément enfouies dans l’inconscient : principalement des émotions, des souvenirs ténus de personnes et des choses qui furent. L’inspiration semble être au rendez-vous quand je lâche prise, quand j’abandonne mes pathétiques efforts de contrôle et que j’accueille le jaillissement de l’instinct avant celui de la pensée. En d’autres occasions, malheureusement insuffisamment nombreuses, l’inspiration se présente comme un fluide où je ne suis qu’un médium à travers lequel une vision prend forme. Pour ces occasions, je suis toujours reconnaissant.

De la création et du processus de peindre : Dans mon expérience, il existe deux étapes distinctes dans le réalisation d’un tableau. L’étape initiale, où la créativité s’exerce, est le moment où l’on doit abandonner tout processus de pensée rationnelle tout en surmontant toute forme de conditionnement; ceci inclut nos idées préconçues au sujet de l’esthétisme, de ce qui est graphiquement acceptable, de comment les couleurs, les textures et les formes s’harmonisent. Il faut même réussir à oublier nos tableaux antérieurs et libérer notre esprit autant que faire se peut. Pour moi, c’est là le défi majeur, réussir à mettre dans un tel état d’esprit. La deuxième étape est plus technique. Après tout, vous espérer que vos lacunes en matière de talent ne trahiront pas votre inspiration initiale, votre vision initiales. À ce point de la démarche, je tente sincèrement d’être l’artisan que requiert le travail en cours. Je tente de travailler comme un joaillier, attentif à la perfection et à la beauté de chaque geste, sans toutefois me fermer aux occasion offertes par le hasard ou une soudaine prise de conscience sur le plan artistique.

De la relation entre peinture, musique et santé : Il existe certainement une relation entre l’art, qui inclut la musique, et la santé. Il s’agit cependant d’une relation complexe. L’écoute de la musique, tout comme la pratique des arts visuels, peut agir sur la production des neurotransmetteurs associés au bien-être profond, tout comme la méditation. Personnellement, lorsque je peins, j’arrive à assourdir mes angoisses et à atteindre un état de relative sérénité. Ce qui ne peut être que bénéfique pour mon système immunitaire. Par contre, de nombreux créateurs vivent des moments de perpétuelle agitation et l’exercice de leur art semble exacerber leur souffrance. Et nombre d’entre eux finissent par y sacrifier leur santé physique et mentale, et parfois même leur vie. En d’autres mots, certaines prédispositions profondes feront que l’art sera un vecteur de santé ou non. Et ces prédispositions peuvent être, très souvent, mais pas toujours, un terreau fertile pour l’action bénéfique des arts sur la santé.

Des émotions ressenties en peignant : Lors des premières étapes du processus de la création, je suis très concentré, tendu à la recherche d’un état de libération : libération de la pensée rationnelle, des préjugés et des idées préconçues relativement aux préceptes de beauté graphique. Libération en regard du dessin et des formules graphiques relatives à la composition picturale. Tendu vers un état de disponibilité, où la peur de l’échec ou du tableau raté n’a pas d’emprise. À cette étape du processus, le silence et la solitude sont de mises. Une fois cet état atteint et que l’élan créateur s’est manifesté sous d’un premier jet où l’essentiel du mouvement est amorcé, rien ne peut plus me déranger, que ce soit la musique, la sonnerie du téléphone ou une visite impromptue. Je retrouve mon état initial lorsqu’un tableau est presque fini, mais qu’il semble y manquer un petit quelque chose pour être achevé. Je dois alors retrouver le silence et la disponibilité nécessaires pour écouter le tableau et le laisser me guider vers une solution artistiquement satisfaisante. Ce que je déteste le plus, c’est de me rendre compte que je stagne, que je refais une autre version du même tableau, que je tombe dans le piège de la recette.

De l’identification avec le sujet peint : Il s’agit plutôt d’un procédé de projection et d’expression que d’un phénomène d’identification.

Du meilleur moment pour peindre : Il n’y a pas de moments précis. Il est plutôt question de circonstances favorables où plein de facteurs convergent et sont au rendez-vous : inspiration, énergie physique et mentale, état d’esprit, une certaine sérénité et le goût de retrouver l’atelier et son atmosphère. Et je laisse aux autres me dire s’il s’agit de mes meilleures œuvres. Parce l’essence de créer et de peindre, pour moi, est plus une question de quête et de recherche qu’une question de réponses. Et j’espère toujours que mon meilleur tableau sera mon prochain.

De la relation entre l’acte de peindre et une forme de conscience supérieure : Il y a une part de sublimation, c’est certain. Et une forme de compensation pour trop de laideur dans le monde. La recherche de beauté dans mon travail vise à exprimer en effet l’idée d’un idéal et à nourrir une certaine forme de rêve, celui d’un monde plus beau et plus harmonieux. C’est une forme d’utopie, j’en suis conscient, mais c’est ma contribution, si modeste soit-elle, aux efforts de construction et d’amélioration de notre monde. Bien sûr, l’impact est plutôt limité, vu le peu d’importance des arts visuel en général et vu l e relatif anonymat de mon travail en particulier.»

«Anyone who has had the pleasure of going to one of Marc’s art shows can tell you how refreshing it can be to walk into a room and feel your spirit rise as you find yourself surrounded by a sea of vibrant colours and forms and movement and texture that are exactly that: “ Juste beau! “. Quote from Michèle Andrée of http://www.michele-andree-unblugged.com.

Born in Montréal, of Acadian descent, and after a few decades in the field of education, Marc decides to dedicate his time and energy to an ever growing passion: «Forever an admirer of Visual Arts, I decided to surrender to my passion for painting in 2004. Self-taught since then, I find nourishment in what I read, in people I meet and in the exploration of artistic possibilities offered by colour and matter. I find inspiration as much in the interior as in the exterior world. One must simply be in a constant state of awareness and availability.»

«On the definition of Art: This is a very difficult question since art is defined differently through time, culture and space. Therefore, I can only offer a personal point of view on the subject, more specifically regarding Visual Arts. Sometimes, I think Art is an everlasting quest to seize and express the intangible essence of dreams, mind and soul. As an everlasting quest, Art offers more questions than answers, is more a journey than a destination. Art offers a glimpse of thing that could be; a window on what civilization could offer if we could dominate our fears, our demons, our instinct for violence, and focus rather on our capability for love and creation. Even the search for beauty and aesthetics in Art can be provocative when contextualized in a setting of war, violence, injustice, global strife and environmental destruction. At other moments, I doubt the importance of painting since there is a narcissistic aspect to the act of spending so much energy and time centred on self and canvas, in chosen ignorance of more essential priorities in the world around us. Still, I believe the search for visual beauty can nourish dreams and deter from despair. Without taking Art to seriously of course.

On the question of inspiration: Inspiration is a very strange phenomenon, never there when you need it most, often a sudden revelation when least expected. Mostly, inspiration comes from all the traces life has left behind through time, deep in the unconscious; emotions mostly, faint images of people and thing that where. Inspiration comes when I let go, when I feel confident enough to abandon my pathetic tendency for control and welcome the surge of instinct over thought. Some other times, not often enough, inspiration is more like a fluid of which I am but a medium through witch a vision takes form. For this, I am always thankful.

On the process of painting and creating: In my personal experience, there are two different phases in the painting process. The first phase, the initial phase where creation takes place, is when you mostly have to let go of all rational thought process and acknowledge and overcome all conditioning; this includes preconceptions of what is aesthetic, of what is graphically acceptable, of how colours, shapes, textures and forms work together. You even have to forget your previous work and free tour mind as much as possible. This is where the challenge lies for me, to put myself in this mind set. The second phase is more technical. After all, you do hope that lack of talent or skills will not betray your initial inspiration, your initial vision. At this point, I try hard to be the craftsman that my work requires. I try to work like a jeweller, attached to the perfection and beauty of every gesture, but without closing my heart and mind to unexpected avenues offered through chance and sudden insight.

On the relationship between art, music and health: There is certainly a relationship between art, which includes music, and health, however it certainly is a complex relationship. Listening to music or practicing visual arts can influence the production of neurotransmitters associated with deep well-being, as does meditation for instance. Personally when I paint, I can quiet my anxieties and achieve a state of relative calm. This can only be good for the immune system. However, many artists live moments of perpetual unrest and the exercise of their art seems to exacerbate their suffering. The lack of recognition also can contribute to this suffering. Many artists end up sacrificing their physical and mental health, and sometimes even their lives. In other words, certain deep-rooted predispositions will determine whether art will be a vector of health or not. And these predispositions may be, very often but not always, a fertile ground for the beneficial effect of arts on health.

On how one feels while painting and creating: In the initial stages of creation, I am very focused, searching for a state of freedom from rational thought, prejudices and preconceived ideas in relation to the precepts of graphic beauty. Freedom from drawing graphic formulas and from pictorial composition is the goal at this point in the process. Focussed on achieving a state of openness where the fear of failure or of a failed painting has no hold. At this stage, silence and solitude are necessary. Once this state is achieved and that the initial creative impulse has manifested itself in a first draft, nothing can disturb me, be it music, phone ringing or an impromptu visit. I will find myself again in this initial state when a painting is almost finished but seems to be missing a little something to be completed. I must then return to silence and make myself available in order to listen to the painting and let it guide me to a satisfying artistic solution. What I dislike most is when I realize that I am stagnant, that I am making another version of the same painting and that I am falling into a recipe.

On the question of identifying with the subjects painted: I would say it is rather a process of projection and expression than a phenomenon of identification.

On the question of when do you do your best work: There is no specific time. It is rather a question of circumstances where several favourable factors are converging: inspiration, physical energy and mental state of mind, a certain serenity and an urge to find myself in the studio and its environment. I let others decide if this is my best work because the essence of creating and painting for me is more of a quest than an answer. Also, I am always hoping that my best painting will be my next.

On the question of how or if art or the process of painting, creating help you connect with your higher self: There is certainly a part of sublimation, and also a form of compensation for so much ugliness in the world. In my work, the search for beauty is aimed at expressing the idea of an ideal and to feed the dream of a more beautiful and more harmonious world. I am aware that this is a form of utopia, but this is my contribution, however modest it may be, to all the efforts aimed at bettering our world. Of course, the impact is rather limited, given the limited importance of visual arts in general and, on a more personal note, given the relative anonymity of my work.»